Introduction
Dans le christianisme, les rapports sexuels hors mariage sont fortement déconseillés. Cette note analyse la fréquence et l’évolution des rapports sexuels chez les femmes non mariées (célibataires, veuves ou divorcées) en République démocratique du Congo selon la religion. Son approche sort du cadre classique en socio-démographie, où la sexualité est vue comme déterminant de la fécondité et de la santé. Sans en être l’objectif principal, les analyses peuvent aussi aider les institutions religieuses à évaluer l’efficacité de leurs enseignements sur l’abstinence hors mariage.
Méthodologie
L’étude s’appuie sur les données des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) réalisées en RDC en 2007, 2013/2014 et 2023/2024, permettant ainsi de suivre l’évolution du phénomène sur près de deux décennies.
Seules les femmes non mariées ont été retenues dans l’échantillon, car ce sont elles qui, selon les normes religieuses, sont supposées s’abstenir de rapports sexuels.
Les analyses comparent principalement les femmes catholiques et protestantes, les deux confessions les plus représentées. Les autres religions, ainsi que les femmes se déclarant sans religion, ont été regroupées dans une catégorie « Autres ».
Les analyses sont stratifiées selon le statut matrimonial afin de comparer le phénomène étudié chez les célibataires et chez les veuves/divorcées.
Les répondantes n’ayant pas fourni d’information sur la variable d’intérêt (le temps écoulé depuis le dernier rapport sexuel) ont été exclues. Ce nombre est relativement élevé, en raison du caractère sensible de la question. L'approche adoptée dans l'étude consiste à analyser l'évolution, selon la confession religieuse, de la proportion des filles et des veuves/divorcées ayant eu un rapport sexuel dans les 30 jours précédant le jour de l'enquête.
Enfin, toutes les estimations ont été pondérées par les poids d’enquête afin de corriger les probabilités d’inclusion inégales et restituer la représentativité de la population cible; intégrer les ajustements de non-réponse et de post-stratification ; garantir la comparabilité temporelle et intergroupes (entre religions). Les scripts utilisés sont disponibles sur demande.
L’échantillon final contient 9 951 femmes dont 1 581 enquêtées en 2007, 3 177 enquêtées en 2013/2014 et 4 473 enquêtées en 2023/2024.
Résultats
En 2007, les femmes catholiques non mariées déclaraient plus fréquemment avoir eu des rapports sexuels en dehors du mariage. Toutefois, la tendance s’est inversée lors des enquêtes de 2013/2014 et de 2023/2024, où les femmes protestantes apparaissent désormais comme étant légèrement plus nombreuses à avoir eu des rapports sexuels hors mariage. Cette tendance s’observe aussi bien chez les jeunes célibataires que chez les veuves et divorcées (voir graphique).
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Conclusion
D’un point de vue religieux, ces résultats pourraient traduire une baisse de la pratique ou de l’adhésion aux enseignements chez les protestantes. Sur le plan socio-démographique, ils peuvent s’expliquer par des transformations générationnelles des comportements, l’élévation du niveau d’instruction, l’urbanisation, ainsi que par l’évolution des normes sociales et de l’ouverture culturelle. Ces explications méritent d’être discutées, et vos analyses ou observations peuvent contribuer à enrichir cette réflexion.